Conférence mercredi 3 août 2016

Conférence mercredi 3 août


Prier avec les Psaumes« Quand la Parole de l’homme se fait parole de Dieu »

Intervention de Dominique Martens

Introduction 
La plupart d’entre nous connaissent les psaumes par les extraits que l’on lit à la messe après la première lecture. Ces psaumes sont des prières, récitées par les juifs depuis très longtemps et les chrétiens. Ils sont au nombre de 150 et sont tous regroupés dans un des livres de l’Ancien Testament, le Livre des Psaumes, qui se situe au milieu de nos Bibles. Le livre des Psaumes est généralement placé dans la Bible après le Pentateuque (la Loi) et les Prophètes. Le Pentateuque est l’ensemble des 5 premiers livres de la Bible : Genèse, Exode, lévitique, Nombres, Deutéronome. 
Quelques observations 
La Bible hébraïque appelle ce livre le Livre des Louanges (Sefer Tehillim). Le nom Livre des Psaumes vient de la traduction grecque de la Bible au 3e siècle avant JC. Le mot Psaume, qui veut dire « pincer une corde ». On a là un signe que ces psaumes étaient utilisés dans la liturgie. C’était un chant, une prière d’homme qui voulait dire à Dieu ce qu’il expérimentait.
Formation et genres littéraires 
Dans le temps, on pensait que les Livres de la Bible avaient été écrit chacun par un auteur, par exemple Moïse avait écrit le Livre de l’Exode, ou Isaïe le livre qui le concerne. L’exégèse des textes (surtout depuis la fin du XIXe siècle) a montré que ce n’est plus le cas. On a attribué longtemps les psaumes au roi David. Certains titres le mentionnent mais actuellement on ne peut pas les situer précisément dans le temps et David n’est certainement pas leur auteur. 
Il y a juste un psaume (le psaume 136) que l’on peut historiquement situer car il fait référence à l’Exil, la période où le peuple hébreu a été déporté à Babylone (6e siècle avant Jésus-Christ- quelques mots sur l’exil et le sentiment d’abandon qui y est lié…). 
Les plus anciens datent probablement du premier Temple de Jérusalem au Xe siècle avant JC (époque de Salomon). On pense qu’ils ont été regroupés en livre au 5e siècle avant JC, période où Israël a reconstruit le Temple et a réécrit son histoire autour de la libération d’Egypte par Moïse et du retour de l’Exil à Babylone. On a pu continuer à écrire par la suite, jusqu’au 2e siècle avant JC. Comme tous les livres de la Bible, c’est une tradition orale qui a été mise par écrit. On écrivant pour se souvenir, pour que d’autres fassent mémoire de ce qui s’est passé et que l’on a raconté : « Ce que nous avons entendu et connu, ce que nos pères nous ont transmis, nous le tairons pas à nos descendants » (Ps 78, 3-4a). Ce qui est intéressant, c’est de voir que ces textes sont inscrits au cœur de la liturgie juive, comme ils le seront dans la liturgie chrétienne.
Dans son histoire, Israël a fait l’expérience de l’amour de son Dieu et invite tous les peuples à participer à cette louange. Les psaumes sont des hymnes, des prières d’actions de grâce ou de demande ; mais c’est aussi parfois des textes d’imprécation et de colère. Ils sont proches de la vie, om chacun de nous expérimente les deux : on a parfois envie de dire ‘merci’, mais parfois nous avons envie de dire ou même de hurler notre révolte ou notre colère. On dit que ceux à qui il n’arrive jamais rien ne peuvent pas comprendre les psaumes. Les Psaumes, c’est une parole d’homme/de femme dans tout ce qu’elle a de complexe, de vrai, de clair, d’obscur.
Découpage du Livre des Psaumes 
Le Livre des Psaumes est divisé en 5 parties : Ps 1 à 41 :  Le livre des Psaumes commence par une comparaison entre les pieux et les impies. Certains de ces psaumes soulignent avec une grande force qu’il faut avoir confiance en Dieu plutôt que dans les gens ou en ce qui est terrestre et nous rappellent que nous ne devons pas craindre car Dieu est avec nous. Un autre psaume nous rappelle que Dieu jugera notre cœur et que nous devrions rechercher sa miséricorde.
Ps 42 à 72 : Ces psaumes pourraient être résumés par la phrase : « Dieu est pour nous un refuge et un appui » (Psaumes 46:1). Un psaume nous rappelle que nous devons déposer nos fardeaux aux pieds du Seigneur dans chaque difficulté ou épreuve. Un autre nous encourage à servir patiemment Dieu en toutes choses.
Ps 73 à 89 :  Ces psaumes couvrent plusieurs thèmes et décrivent fréquemment Dieu dans le rôle d’un juge qui peut réprimander les méchants juges terrestres et détruire les ennemis d’Israël. Dans le psaume 86, le roi David plaide pour que Dieu nous enseigne ses voies afin que nous puissions marcher dans la vérité.
Ps 90 à 106 : Beaucoup de ces psaumes nous encouragent à louer le Seigneur, à nous rappeler que la vengeance lui appartient (càd qu’elle ne nous appartient pas à nous !!!), à proclamer sa gloire et à le servir avec joie.
Ps 107 à 150 : Ces psaumes reconnaissent que « les enfants sont un héritage de l’Éternel » (Psaumes 127:3) et qu’ils sont une bénédiction éternelle pour les parents qui pratiquent la justice. Un psaume vers la fin du livre est une supplication sincère pour que le Seigneur nous délivre et nous éloigne des pratiques mauvaises et violentes des méchants.
Chaque partie se termine par une doxologie : une formule célébrant la gloire de Dieu, telle la courte formule « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et à jamais pour les siècles des siècles. Amen. » Le psaume 150 est une doxologie finale : « Alléluia, louez Dieu !... »
Des psaumes aussi dans toute la Bible 
On trouve aussi des Psaumes ailleurs que dans le Livre des Psaumes, ils sont souvent sur les lèvres de personnages importants. On les appelle les Cantiques bibliques. Certains sont très anciens comme le Cantique de Déborah : - le Cantique de Déborah (peut-être le plus vieux texte de la Bible) : - Jg 5, 2-31 (« Ce jour-là, Déborah et Baraq, fils d’Avinoâm, chantèrent en disant… (Jg5, 1) » - La prière d’Anne, la mère de Samuel : 1 S 2, 1-10 (« Anne pria et dit : J’ai le cœur joyeux grâce au SEIGNEUR... ( 1 S 2, 1) » - Le cantique du roi Ezéchias : Is 38, 9-20 (« Poème d’Ezéchias, roi de Juda, lorsqu’il fut malade ou survécut à la maladie (Is 38, 9) ») - On en trouve aussi dans le Nouveau Testament (on parle alors de Cantique évangélique). Le plus connu est le Magnificat (Lc 1, 68-79) : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ». Mais il y a aussi le Cantique de Zacharie (Lc 1,68-79) : « Bénit soit le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple » ou encore le Cantique de Siméon (Lc 2, 29-32) : « Maintenant Ô Maître souverain tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole » Ces trois psaumes sont chantés pendant les offices de Laudes (le matin), Vêpres (fin d’aprèsmidi, et Complies (avant le coucher).
Une numérotation pas toujours claireExplication du passage du texte massorète à la LXX.Les psaumes 116 et 147 de la bible hébraïque ont été coupés en deux dans la Septante. Les psaumes 9 et 113 de la Septante sont en fait deux psaumes de la bible hébraïque. Elle les a regroupés.Différence entre la Bible et la liturgie :- la liturgie reprend la LXX et note l’autre numérotation entre parenthèses (ex : Psaume 16 de la liturgie, donc de la Bible grecque, psaume 17 dans la TOB (entre parenthèse). Ou, à l’inverse… Psaume 145 de la bible hébraïque dans la TOB, en liturgie c’est le psaume 144 (entre parenthèse).
Types de psaumes On classe les psaumes en 3 familles : 1. les psaumes de louange 2. les prières d’appel au secours, de confiance et de reconnaissance. Parfois, on peut être choqué. Par ex., la finale du Ps 87 : « ma compagne c’est la ténèbre ». Mais qui n’a jamais vécu cela dans sa vie ? C’est le seul psaume qui, dans la liturgie, n’est pas suivi pas une doxologie. Humour : avant, on chantait les psaumes en latin. Beaucoup de religieuses ne comprenaient toujours pas tout… Après le Ps 87 était inscrite la formule : ‘hic non dicitur : Gloria Patri et Filio…’. Mais les mauvaises langues racontent que souvent les sœurs chantaient : (je chante) : hic non dicitur – gloria patri et filio – et spiritui…3. les psaumes d’éducation.
Le psaume est un cri avant d’être un écrit (Didier Rimaud) 
C’est un itinéraire spirituel dans lequel l’homme trouve sa place. Dans le psaume l’homme se situe en relation avec Dieu, mais Dieu est toujours en premier. Il est fidèle, il sauve. L’homme seul ne peut pas s’en sortir. Le psalmiste a le sens de la vie : la mort lui fait peur. Il n’a pas encore eu la révélation de la résurrection ! Son combat contre le mal le conduit souvent à proférer des imprécations qui peuvent nous scandaliser. Le psaume le plus terrible est le psaume 136, 9 (lire le Ps 136 et un bref commentaire) : « heureux qui saisira tes nourrissons pour les broyer sur le roc » C’est pour cette raison que tous les psaumes ne sont pas dans la liturgie. On les met souvent entre crochets. Cela me paraît une grave erreur, où l’homme décide selon ses critères de ce qui est acceptable ou non dans la parole de Dieu ! Cette violence, elle est en moi ! Parfois. La mettre entre crochet, c’est faire l’ange. Comme si cette horreur m’était étrangère. Non, c’est mon enfer. Et l’enfer peut se tapir au fond de moi. Si je ne le soumets pas à mon Dieu, il ne peut le toucher. Le convertir. Oui, il m’arrive parfois dans ma vie d’avoir été trahi et de haïr. Le drame nous protège d’un recours trop rapide et pervers au pardon, qui ne toucherait pas le plus profond de mon être. « Père, je déteste celui qui m’a fait ça. Je lui souhaite le pire. Je le hais ! Et je te le dis. Je dépose ça à tes pieds. Convertis-moi !!!! »
Des psaumes de supplication sont attribués à David. Jamais un psalmiste ne dit « je me vengerai ». Il demande à Dieu de rétablir la justice et qu’il manifeste son pouvoir sur le mal. Il s’en remet à Dieu.
Les Ps dans la prière
1. Importance de toujours resituer le premier niveau de lecture par une remise en contexte historique. D’où l’importance de connaître un peu l’histoire d’Israël. Pas de panique= www.cef.fr. Dans prier et commentaire, une exégète remet chacun de ces textes en contexte. Dans ma prière, est-ce que je vois des points communs entre cette situation et la mienne ? Entre cette parole et la mienne ? Dans ma prière, est-ce que j’ose aller jusque là avec Dieu ? Ou ai-je peur de le choquer. Lire Jb 3…
2. Les Psaumes appliqués à Jésus
- Rappel du Ps dans la liturgie de la parole et dans la dynamique de cette liturgie. La célébration de la parole est un cœur à cœur : Dieu me parle (1ere lecture) ; l’homme lui répond (Ps) ; Dieu parle (2e lecture) ; l’homme chante (Alleluia) : Dieu parle (Evangile) ; l’homme interprète la parole (homélie).- Les Ps étaient la prière de Jésus et de l’Eglise. * De Jésus : Mt 26,9 « Je vous le déclare: je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le Royaume de mon Père.»      30 Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au mont des Oliviers. 

Voir aussi Mc 14,26 ; Lc 20,42 ; 24,44 ; Ac 1,20 ; • De l’Eglise. Exemple. Les récits de la Passion
Dans la Passion, les rares paroles de Jésus sont empruntées aux psaumes. Que faut-il en penser ? Pour donner un sens aux événements de la Passion, les évangélistes recourent massivement à l’Ancien Testament et plus particulièrement au Livre des Psaumes. La plupart des citations sont regroupées dans les récits de la crucifixion. Qu’est-ce que cela signifie ? Une volonté de montrer que dans sa mort, Jésus accomplit les Écritures ?De Gethsemani à la croixLe relevé des psaumes indique l’utilisation de cinq références à deux psaumes: les psaumes 42 et 110 (laissons de côté le chapitre 12 de l’évangile de Jean, qui est dans un autre contexte). Ces cinq références sont mises dans la bouche de Jésus.• A Gethsemani tout d’abord, Jésus laisse deviner ses souffrances en reprenant le Ps. 42, 6 (Mt et Mc): Mon âme est triste à en mourir. Le ps. 42 est une lamentation individuelle. Par le genre littéraire, il est proche des paroles du Serviteur Souffrant d’Isaïe. Il a été utilisé pour exprimer les sentiments du Christ à l’heure de sa passion.• Le deuxième psaume est cité lors de la comparution de Jésus devant le tribunal juif, le Sanhédrin. Les trois évangiles synoptiques ont cette parole de Jésus: “ vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-Puissant” C’est une citation du Ps 110,1. Chez Marc, c’est la seule parole prononcée par Jésus au cours de son procès. Elle est décisive, puisqu’elle procurera un motif de condamnation à mort aux membres du tribunal, eux qui avaient vainement fait intervenir de faux-témoins.Les récits qui tournent autour de la croix concentrent la majorité des citations ou allusions aux psaumes. Dans les épisodes qui se déroulent avant la mort de Jésus, trois psaumes sont cités: le Ps 22 à de multiples reprises, le Ps 31, et le Ps 69.Le psaume 22 (lire)Le Ps 22 est le psaume des derniers instants de Jésus. Le tableau montre cependant que les quatre évangélistes n’utilisent pas tous systématiquement les mêmes versets. Ils ne sont d’accord ensemble que sur le verset 19: ils se partagent mes habits et tirent au sort mes vêtements.Puis vient la citation du verset 8: Tous ceux qui me voient me raillent, ils ricanent et hochent la tête. Luc cite seulement la première partie du psaume (la moquerie), tandis que Mt et Mc retiennent la fin, le hochement de tête. Dans la suite de l’épisode, Matthieu est le seul à raconter l’ironie des grand-prêtres et des scribes se jouant de Jésus en croix: Il s’est confié en Dieu, qu’il le délivre...! (Ps 22,9)Les dernières paroles de JésusLes deux dernières citations du Ps 22 sont importantes, car elles sont mises dans la bouche de Jésus lui-même: Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? (verset 2, cité en araméen: Eli, Eli, lama sabachtani, puis traduit). Chez Matthieu et Marc, elles sont les dernières qu’ait prononcé Jésus. A première vue, elles sont dures, car elles expriment un sentiment d’abandon. N’oublions pas cependant que le psaume 22 est un psaume de confiance en Dieu. Le psaume 22 est en effet découpé en deux parties: une première qui exprime un sentiment fort d’abandon, de détresse, et une deuxième qui montre un retournement radical: celui qui était dans le désespoir retrouve confiance en Dieu qui le sauve. Signalons que lorsque le psaume 22 est cité dans les récits de la passion, c’est toujours en sa première partie...L’évangéliste Luc a compris que cette interprétation pouvait prêter à un contre-sens. Aussi a-t-il préféré une parole plus explicite, tirée du Ps 23, 46: Entre tes mains, je remets mon esprit  Le contraste entre Mt, Mc d’une part, et Luc d’autre part, semble très fort à première vue, mais l’est-il réellement?Chez Jean, Jésus dit: J’ai soif, parole qui peut faire allusion soit au Ps 22, 16, soit au Ps 69,22. Toutefois, la dernière parole de Jésus ne sera pas une parole de psaume, mais la constatation de l’achèvement: Tout est achevé. (Jn 19,28)Le psaume 69Mt 27,34 est le seul à parler de fiel, allusion au Ps 69,22: Pour nourriture on m’a donné du poison, dans ma soif, on m’abreuva de fiel , là où Mc ne parle que de myrrhe. Cependant, Mt et Mc sont d’accord pour décrire la scène du crucifiement en utilisant les mêmes mots du Ps 22,22: le vinaigre, le fait de donner à boire.Après la mort : Ps 34 et 38Après que Jésus a rendu son dernier souffle, Mt et Mc racontent que des femmes regardaient à distance. Luc, lui décrit la même scène en la rapportant au psaume 38,12 : Mes amis ne se montrent que de loin et mes parents se tiennent à distance.Enfin, Jean rapporte que lorsque les soldats viennent chercher le corps de Jésus, ils ne lui brisent pas les jambes. L’évangéliste y voit un accomplissement du Ps 34,2: Pas un de ses os ne sera brisé.Les Ps ont donc servi de lecture au sens théologique de la mort de Jésus sur la croix, tellement ils habitaient la prière du peuple d’Israël !Jésus est le Juste SouffrantA l’exception du psaume 110, qui est un psaume royal, tous les psaumes cités dans la passion (Ps 22, 31, 38, 42, 69) sont des psaumes de lamentation individuelle. Les évangélistes ont un double souci:- montrer d’une part qui est Jésus, de quel type de messianisme il est porteur: il est le juste souffrant, l’innocent qui crie sa détresse devant ce qui lui arrive. En même temps, il est celui qui manifeste sa confiance et sa foi en Dieu. On est loin du Messie tout-puissant que le peuple attendait.- montrer d’autre part que Jésus accomplit les Écritures. Relier ces psaumes de lamentation à la passion de Jésus, c’est affirmer que les événements tragiques et scandaleux de la passion correspondent au dessein de Dieu. Dans cette même ligne, les chrétiens reliront le destin de Jésus à la lumière des récits du Serviteur Souffrant du prophète IsaïeDonner sens au drame de la PassionLes évangiles ne sont pas des reportages en direct des événements. Ces derniers sont relus, réinterprétés à la lumière de la résurrection, et de la vie de la première communauté chrétienne. Nul doute que les disciples ont pris de plein fouet ce drame de la passion. Seule la résurrection leur permet de comprendre l’absurdité de la mort de Jésus. Peu à peu, en relisant les Écritures, en se rappelant les paroles de leur maître, ils comprennent la signification profonde des événements. Nous sommes en présence d’une théologie qui se dit à travers une manière de raconter les faits, de relever des détails et de les relier à l’ensemble des Écritures. Des versets de psaumes en apparence anodins, comme la mention du fiel, du vinaigre, prennent une dimension nouvelle. Dans la bouche des chrétiens, les Psaumes se chargent d’un sens nouveau. Ils montrent la continuité profonde de l’histoire du salut, entre l’Ancien Testament et Jésus.
3. Et pour ma prière ?A toujours faire (Lectio Divina) : se demander comment le Ps qui répond à la première lecture éclaire l’Evangile et me lie de manière mystérieuse à Jésus.A faire ici à Orval : dans le vieux psautier des moines que vous prenez avant l’office, lire ce qui est en italique à la fin du Ps. Cela fait le lien avec Jésus. Adresser cette prière au Père !
Conclusion en guise d’ouvertureOn le voit, les Psaumes sont des paroles qui disent à Dieu en tout temps le cœur des hommes, le cœur d’un peuple. Avec des formules qui peuvent paraître très belles, mais qui parfois sont terriblement dures, violentes même.Elles disent à la foi notre cri et notre confiance. Notre foi et notre incompréhension.Les Psaumes, c’est nous ! Le génie d’Israël a été d’introduire ces textes dans le corpus biblique. Cette parole d’homme est « devenue » parole de Dieu !Avec les Psaumes, nous nous situons au cœur du mystère de l’Alliance. Je parlais tout à l’heure de l’eucharistie et du cœur à cœur dans la liturgie de la Parole. La liturgie eucharistique nous conduit ensuite dans un corps à corps, où l’autre pénètre en moi pour m’habiter au plus profond. Dieu prend à son compte ma parole. Comme l’être aimé, il la fait sienne. Pour me rejoindre. Pour m’étreindre. Pour m’aimer.



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