Esprit

Frère Hugues (1926 - 2010)


Faites-vous un cœur plein de tendresse et de bonté, un cœur humble, doux, patient. 
Accueillez-vous, pardonnez-vous, 
aimez-vous les uns aux autres.
Vivez dans la reconnaissance.
(Saint Paul)

Le dimanche 26 décembre 2010,
dans la douceur de Noël, en la fête de la sainte Famille,
le Seigneur a appelé à la lumière de l’éternelle vie, notre frère Hugues,
né à Limbourg le 22 février 1926,et entré à l’abbaye d’Orval en 1947.
Qu’il repose dans la paix promise aux enfants et à tous ceux qui leur ressemblent.


Notre merci pour frère Hugues

Prière lors de la veillée du mardi soir (fr. Bernard-Joseph)

1. Frère Hugues veillait à nourrir les oiseaux des miettes qui tombaient de notre table. Et il allait jusqu’à leur parler. Ainsi faisait-il avec tout frère ou soeur humain, aussi petit soit-il.Si les tâches du petit frère Hugues étaient réduites et répétitives, son premier et fidèle engagement consistait à aimer Dieu et chacune de ses créatures, fraternellement. Il était grand, de la vraie grandeur, celle de l’amour. Pour sa fraternité, Seigneur, nous te bénissons.
2. Frère Hugues ne perdait aucune occasion de dire merci. Il disait merci, mille merci, partout et toujours. Merci pour avoir aidé à la vaisselle, pour un service, pour une homélie, pour une présence. Merci pour tout ce que lui-même n’était pas capable de faire, mais qu’il était attentif à reconnaître. Il vivait ainsi dans une action de grâce perpétuelle. Pour son esprit de gratitude, Seigneur, nous te bénissons.
3. Frère Hugues vivait tout événement, toute rencontre en grande profondeur, allant toujours à l’essentiel, sans se laisser distraire par les détails de superficie. Avec de simples mots, il pouvait communique quelque chose de sa vie profonde et de son expérience de Dieu. Il était la réalisation vivante de ces mots du psaume : Et moi je ne suis que prière.  Pour son esprit de prière, Seigneur, nous te bénissons.
4. Frère Hugues accueillait, pardonnait, aimait. Homme de cœur, simple et fraternel, il accueillait chaque personne par son prénom. Il se plaçait au niveau de l’être plus que du faire, privilégiant la qualité de la relation, dans un respect aimant de chacun.  Pour sa bienveillance, Seigneur, nous te bénissons.
5. Dans la vie communautaire comme à l’hôtellerie, sa présence était de paix, de discrétion, d’attention silencieuse. Il n’entendait plus guère, mais il lisait les visages, devinait l’essentiel, et communiait ainsi au-delà des paroles avec ce que les autres vivaient. Et dans les moments de partage, ses mots étaient précieux. Pour sa qualité de présence, Seigneur, nous te bénissons.
6. Frère Hugues avait la tête penchée, de plus en plus bas. Il devenait ainsi un exemple d’humilité jusque dans son corps. Et il vivait cette infirmité avec humour, distribuant sans compter son toujours jeune sourire, en tournant la tête de côté avec un petit signe de la main. Pour son humilité, Seigneur, nous te bénissons.
7. Comme chacun, notre frère pouvait connaître la peur, l’angoisse. Et son chemin a parfois été ardu. Notamment dans les dernières années, pour peu à peu accepter ses limites et lâcher prise, comme il disait. Mais toujours il était parmi nous l’innocent, au cœur pur, aux yeux bleus, laissant filtrer la lumière de la miséricorde et de la tendresse de Dieu. Pour sa transparence, Seigneur, nous te bénissons.


Homélie des funérailles

Père abbé

Notre Frère Hugues est donc parti. Sur la pointe des pieds, comme il a vécu toute sa vie. Dans la discrétion, sans gêner personne, avec un sourire. Le soir avant, il a encore joué de la musique sur le clavier : des chants de Noël et une improvisation. C’était sa manière de mettre un point d’orgue sur la dernière note de la partition de sa vie.

En ce moment-ci beaucoup de sentiments se bousculent en moi, comme chez la plupart d’entre vous, sans doute. Mais je pense que nous nous accorderons au moins sur un sentiment commun : celui de la reconnaissance. Merci, P. Hugues, parce que tu apprends à cultiver cette attitude. Seul celui qui vit de la grâce, voit la grâce de Dieu partout. Et seul celui qui a le cœur suffisamment pauvre peut la recevoir. P. Hugues a passé beaucoup de temps dans cette église, qui était son chez lui préféré, que ce soit dans sa stalle, ou devant le tabernacle, souvent à genoux. Sa nourriture spirituelle, il ne la cherchait pas trop loin. Il puisait à la meilleure source : la liturgie et la bible. Étant très malentendant depuis des années, il préparait les lectures des offices et il les reprenait à son rythme. Il demandait aux frères de lui passer le texte de leur homélie, parce qu’il ne voulait pas manquer ce qui se partageait en communauté. Surtout, il voulait être en communion avec ses frères. Il assistait à toutes nos réunions, souvent sans pouvoir suivre la discussion ou sans comprendre le conférencier. Quand je lui disais qu’il ne devait pas se sentir obligé d’être présent, il me répondait : « Je ne m’ennuie pas du tout. Je préfère être avec mes frères : je regarde leur visage et je prie pour eux ».

On a appelé souvent P. Hugues : notre « petit » père Hugues. Petit ? Effectivement ! Et dans beaucoup de sens du terme. Physiquement, il ne prenait pas beaucoup de place. Il avait aussi le cœur d’un enfant : capable de s’étonner, de s’émerveiller devant les compétences des autres, devant leur capacité de travail. Mais il n’était jamais impressionné par les exploits et les grandeurs humaines. Cela le plutôt faisait rire. Il avait de l’humour. Il aimait les jeux de mots. Il avait beaucoup de bon sens. Sa profondeur spirituelle savait discerner la vraie grandeur. Cela expliquait aussi son égalité d’humeur. Son humour était au service de l’amour. Il ne blessait jamais quelqu’un, mais il savait relativiser les problèmes, tout en sentant profondément la souffrance. Il souffrait quelquefois lui-même quand on le brusquait. Être bousculé, ça, il n’aimait pas. Alors il patientait comme il pouvait et ensuite venait m’en parler.

Petit, il l’était déjà dans sa famille. Il s’est toujours senti le petit frère dans une grande famille, qu’il aimait énormément. Combien de fois il m’a parlé de la maison paternelle, « La Pépinière », à Limbourg. Les décès récents de son frère et de sa sœur, l’ont beaucoup affecté et l’invitaient à préparer son propre départ. Et quand sa famille allait vendre la maison des parents, elle s’est réunie pour fêter les adieux de ce lieu porteur. P. Hugues est allé. Il me disait : « Encore un chapitre qui est fini. La Pépinière, c’était toute une philosophie ». Oui, la Pépinière représentait toutes les valeurs que ses parents lui avaient apprises et qui restaient sacrées pour lui. Est-ce un hasard si P. Hugues est décédé le jour de la fête de la Sainte Famille ?

Petit, P. Hugues l’était encore comme musicien. Venant d’une famille musicale, il avait un sens extraordinaire de l’harmonie. Mais il n’avait pas trop le sens du rythme. Comme enfant, cela l’avait empêché de jouer de la musique de chambre avec ses frères et sœurs. Il écoutait donc et jouait tout seul. Mais en même temps, son cœur entier était occupé par la musique. Il savait qu’à Dieu son cœur sensible agréait, son cœur qui vibrait doucement, mais toujours.

Petit, P. Hugues l’était en étant proche des personnes blessées par la vie. Beaucoup sont passées à l’hôtellerie et pourraient en témoigner. Il se sentait particulièrement bien dans les communautés de l’Arche et surtout dans la communauté de Trosly où il faisait chaque année sa retraite personnelle. Là il faisait la fête avec les personnes, sans complexe, sans respect humain. Il était petit avec les petits.

Finalement P. Hugues se sentait petit devant la mort. Il avait peur de la mort, depuis toute sa vie. Non pas la mort elle-même, mais l’éventuelle souffrance avant de mourir. Il en parlait souvent et avec beaucoup de personnes. Cette souffrance lui a été heureusement épargnée. P. Hugues ne s’est rendu compte de rien. C’est ce qu’on appelle « une belle mort ». Après un dernier acte : jouer de la musique pour ses frères. Après un dernier mouvement conscient : son sourire et même un sourire insouciant. Il est mort dans les bras de son père abbé et en présence du père prieur : comme s’il fallait quand même officialiser la fraternité communautaire qui avait été si importante pour lui.

Mais à travers tout ce que je viens de dire, ne soupçonnons-nous pas la grandeur de P. Hugues. Simple, sans être simplet. Petit, sans être recroquevillé sur lui-même. P. Hugues était grand par sa présence. Il nous a offert ce qu’il y a de plus précieux dans la vie : une présence humaine et fraternelle ; ce qu’il y a de plus précieux dans la vie monastique : une présence qui nous fait toucher Dieu : le Bon Dieu existe, il est là. La preuve ? Il l’était lui-même, P. Hugues, en sa personne. J’ose dire qu’il était un vrai contemplatif. Toujours « branché sur Dieu », qui était pour lui Dieu Père, Fils et Esprit. Ce n’était pas une simple formule trinitaire, sortant tout droit du catéchisme. C’était même plus qu’une confession de foi. Pour lui, c’était une expérience. Son expérience la plus chère, la plus intime, mais qu’il aimait partager avec ceux et celles dont il sentait qu’ils étaient ouverts à cela ; avec ceux et celles dont le cœur était à la recherche de l’amour (et qui ne l’est pas ?). Cette expérience le gardait centré sur l’essentiel. Au-delà des événements ponctuels, qui ont tissé sa propre histoire dans notre communauté durant 63 ans. Au-delà de nos histoires personnelles, humaines et même ecclésiales, qui salissent si souvent le visage de Jésus. Pour lui, le visage de Jésus était trop aimable pour qu’il soit impressionné par les on-dit, les on-fait, les on-croit, les on-doit… Il répétait souvent : « Ce que j’aime quand je suis dans l’église, c’est qu’Il me regarde et que je le regarde ». Cela lui suffisait. Le reste n’était pas pour lui et le dépassait souvent. Mais peu importe. Il avait des choses plus importantes à faire : aller vers le Père, en regardant Jésus et en vivant de son Esprit.

Nous découvrons ici la source de son amour, de sa bonté, de son sens du pardon et de sa compassion. Ainsi il a rapproché tant de personnes de Dieu et des personnes entre elles. Cela nous réchauffe le cœur. J’ai dit que P. Hugues était une présence. Je préfère cette expression à « c’était un personnage », parce que P. Hugues était trop humble pour utiliser ce genre de vocabulaire. Là encore il aurait souri avec humour. Mais sa présence est bien là et sera là toujours. On voit le moine fidèle quand il arrive au terme de sa vie. P. Hugues nous aidera certainement à continuer notre route fidèlement, humblement (c’est le seul moyen de tenir par ailleurs – l’évangile ne veut pas d’autre fidélité). Je dirais presque que P. Hugues nous aidera à tenir « tout bonnement », en mettant dans ces mots en même temps « la bonté », mais aussi la relativité des choses et la bonne humeur. Nous pleurons l’absence d’un frère qui était toujours physiquement avec nous. Mais nous ne pouvons pas être tristes pour un frère qui reste présent. Et, oserais-je dire, qui vit quelque part à l’intérieur de nous ? Je crois qu’aujourd’hui la communion des saints est encore plus tangible pour nous, ses frères, et pour ses amis. Permettez-moi de terminer avec deux images. La première est celle évoquée par le petit personnage dans la crèche de Noël que vous voyez devant vous. Dans la collection des statuettes, il s’appelle « le contemplatif ». Il est assis comme P. Hugues savait le faire jusqu’au dernier jour : sur les talons. Il a les mains et les oreilles tout ouverts. Ses mains tournées vers Jésus, enfant, comme des récepteurs, qui accueillent les vibrations divines de l’amour. P. Hugues a fêté tout le jour de Noël avec nous. Il reste maintenant auprès de la crèche. Il nous représente et nous invite à faire comme lui.

Et la deuxième image est celle de l’étoile. Quand le ciel se dégagera et que nous verrons les étoiles, regardons-les. Découvrons l’étoile la plus brillante, et disons-nous que P. Hugues nous salue du haut du ciel. Laissons-nous guider, frères et sœurs, par son étoile. Elle nous mènera sûrement vers Jésus. Elle nous fera entrer dans la communion eucharistique, qui était sa nourriture principale, sa joie de vivre. Oui, P. Hugues nous invite maintenant à la table de son Seigneur. C’était le secret de sa jeunesse. Ce matin une amie de la communauté qui vit à l’étranger m’écrivait : « Une de mes toutes dernières conversations avec Fr. Hugues date de mai 2009. Comme je trouvais que, d'année en année, il ne changeait pas vraiment, je lui dis : "Fr. Hugues, dis-moi, es-tu éternel ?" Et il me répond, avec son bon sourire : "Voyons... tu sais bien que notre éternité est déjà commencée..." »


Il s’est envolé, l’homme aux oiseaux.

Témoignage de Anne

Ce matin, la neige de la grande cour s’étale, immaculée, vierge. Ce n’est pas normal. Il y manque des traces de pas. Le petit pas pressé de Frère Hugues. Tous les jours, par tous les temps, il longeait la pièce d’eau, rendez-vous incontournable avec les oiseaux et les poissons. Ce matin, il a pris un autre chemin.

Il est parti. Ce petit homme. Cet enfant d’une famille si nombreuse. Frère Hugues. Oncle Charly, à pas feutrés, vient de quitter sa deuxième « grande maison », pour entrer dans la plus grande, définitive, celle-là. Celle du Père, où il retrouvera sa nombreuse famille.Vous suscitiez ma tendresse, Petit Père, une tendresse infinie pour l’enfant que vous étiez.

Il y a bien longtemps, alors que la retraitante que j’étais à ce moment, méditait dans la cour, au soleil, après avoir longé la pièce d’eau à votre accoutumée, vous êtes venu à moi : « Tu dois me prendre pour un fou qui parle tout seul ! Mais je parlais aux oiseaux. » Eh oui, ce Saint-François avait le don d’attirer à lui moineaux, pinsons et mésanges, et il leur tenait des discours accrocheurs.

On vous voyait arriver, du haut du monastère, d’un petit pas décidé, encapuchonné les jours de grand froid, tout courbé. A mesure que vous approchiez, votre silhouette ne grandissait guère.Grand passionné de météo, tous les midis en arrivant à la cuisine, vous marquiez un arrêt sur les marches du perron. Invariablement, votre entrée était ponctuée d’un « Bonjour, chère Anne. Ça va bien, Dieu merci. Aujourd’hui, il fait x degrés, et cette nuit, il y en a eu autant. Heureusement, il ne pleut pas. » J’ai appris depuis peu, que vous teniez cette passion météorologique d’un héritage de famille séculaire !

Toujours à l’affût de bons mots, vous participiez à l’hilarité que vous provoquiez à la cuisine : vous releviez alors la tête, et votre visage rayonnait d’un sourire malicieux, les petits yeux plissés de joie sous votre courte frange blanche. Quand vous ne vous mettiez pas à chanter de vieilles chansons inconnues et légères, semant une joie enfantine autour de vous.

Un de vos sujets humoristiques favoris était votre petite taille : portant un lourd cageot de pommes du monastère à l’hôtellerie, vous me disiez : « Je suis petit comme 3 pommes, mais je peux en porter 20 kilos ! » C’est qu’il était costaud, notre David de l’hôtellerie !

Mais votre petite taille était aussi l’objet même de votre modestie : vous clamiez haut et clair combien vous étiez petit sur tous les plans, et que votre objectif, à vous qui n’aviez pas un « niveau d’instruction élevé », était de faire votre travail en cuisine du mieux que vous pouviez. Que vous vouliez donner un témoignage aux hôtes par votre foi et votre présence, si petite fût-elle.

Quand arrivait l’heure de la vaisselle, vous accueilliez les hôtes. De l’éléphant, vous aviez deux caractéristiques.

La mémoire d’abord : vous saluiez chaque hôte connu, de son prénom, et demandiez des nouvelles précises -  les autres, vous leur demandiez de se nommer, parfois au risque de répétitions multiples, mais avec la certitude d’être reconnus au prochain séjour. Aux dames, du reste, vous remettiez votre bonjour nommément pour les membres de leurs familles.

Et que dire aussi de vos nombres magiques : 8-9-11-14 : gare à celui qui se trompait dans le rangement des assiettes !De l’éléphant vous aviez aussi la fougue, dans un magasin de porcelaine : la vaisselle volait du passe-plats au lave-vaisselle, avec énergie. Le nombre de décibels dans la cuisine entrechoquait les éclats et ébréchures ! Et gare à celui qui se trouvait sur votre itinéraire rituel : il se voyait invariablement bousculé dans un recoin !

La rudesse que vous affichiez à la vaisselle n’avait d’égale votre délicatesse à l’égard des hommes.Présence petite, peut-être, mais ô combien interpellante. Vous n’aviez de cesse de vous excuser de votre surdité, mais aviez trouvé, dans cet isolement, la plus belle forme de présence : « Je me mets en communion de prière avec celui qui parle». Combien de fois ne m’avez-vous pas confié que le Seigneur « passait à travers vous» pour aller vers les autres, mais que vous n’y étiez pour rien, que vous « n’étiez pas grand’chose ». Vous pourriez en remontrer à vos professeurs d’humanité à Verviers, qui vous avaient reproché votre manque de sérieux en religion !Lors des conférences auxquelles vous assistiez, vous me disiez que vous ne compreniez pas ce qui se disait, trop intellectuel.  Mais poussé par votre grande Foi, vous disiez : « Je n’aime pas parler de Dieu aux hommes. Par contre, j’aime parler des hommes à Dieu ! »N’y a-t-il pas plus beau message évangélique ?

Et votre regard ! A la fois très attentif aux gens que vous accueilliez, mais aussi, ce bleu si clair semblait en permanence tourné vers le Père : vous sembliez relié à Lui par un invisible fil permanent. Vous avez inauguré pour moi une couleur : vos yeux étaient d’un bleu « outre-ciel ».

Oui, c’est un grand homme qui nous quitte. Un saint. Un Enfant de Dieu.Au revoir, Frère Hugues. A l’hôtellerie, nous serons comme les oiseaux de la cour : nous volèterons à la recherche de votre présence, attendant votre petite manne quotidienne.

Quant à moi, je continuerai à guetter, comme jusqu’il y a peu à la fin de chaque office, quand vous quittiez votre stalle, votre petit coup d’œil complice dans ma direction.Dans votre grande humilité, vous étiez courbé vers la terre. Maintenant que vous êtes là-haut, vous vivez, penché vers l’humanité que vous aimez tant.

Et nous tous, qui avons reçu votre présence, nous gardons, là, au creux de notre poche, votre belle âme à travers vos yeux pétillants et votre magnanime sourire éternel.

Dans la neige, il n’y a plus de traces de pas de Frère Hugues. Mais nous gardons de lui les traces de cœur. A jamais.

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