Orval Jeunes en Prière OJP

conférence jeudi 9 août 2018


Saint Paul : enjeux d’une conversion

Saint Paul était aussi quelqu’un qui faisait route comme les disciples d’Emmaüs. Lui non plus était plus que déçu par Jésus de Nazareth : en fait, il le considérait comme un adversaire, et même, comme un ennemi dangereux pour la foi juive.Mais sur sa route, lui non plus n’était pas seul : mystérieusement Jésus marchait avec lui. Il va lui révéler une toute autre façon de comprendre les Ecritures. Il va être complètement bousculé par la manière dont Jésus, à travers les Ecritures et sa propre parole, comprenait qui est Dieu pour nous. Et qui nous sommes pour lui.
Un bref rappel de qui était Paul Un homme vivant au carrefour de 2 grands cultures :- La culture juive (il s’appelait Saul pour les juifs)- La culture greco-romaine (il s’appelait Paulos en grec)
Même s’il était peut-être né à Jérusalem, sa famille s’est tôt installée à Tarse (sur la côte turque actuelle), réputée pour ses écoles de haut niveau. Il a eu une formation rabbinique auprès d’un grand maître juif – Gamaliel – à Jérusalem. Une formation aux Ecritures de haut vol, bien repérable dans ses écrits.
Il participe à cette école spirituelle qu’était le pharisaïsme. (NB : la vision des « pharisiens » est souvent polémique dans les Evangiles mais il datent d’une cinquantaine d’années après le Christ. A ce moment, la polémique était très forte entre chrétiens et pharisiens car c’est dans ces années-là que le parti des pharisiens a exclu définitivement des synagogues ceux qui se revendiquaient du Christ).
Le pharisaïsme est né au 1er siècle avant le Christ au moment où la Palestine est envahie par les grecs très peu respectueux de la religion juive. Le Pharisaïsme voulait garder l’identité du judaïsme en se centrant sur ce qui était sa différence : la place centrale donnée à la Torah. Il désirait vivre la Loi à fond – pas que les 10 « commandements » mais aussi les 613 prescriptions qui en découlaient pour eux. Comme on était très motivé par le fait de marquer sa différence, on insistait beaucoup sur les règles qui concernaient la pureté : « N’aie rien en commun avec les impies et les impurs » et donc : on considérait comme infréquentables… ceux qui commentent le mal, bien sûr : les pécheurs ; mais aussi les malades , les étrangers (les non-circoncis), les lépreux etc…La conséquence : une société divisée au nom de la religion – des exclusions importantes – une dualisation entre parfaits et impurs… avec le risque de mettre la perfection plus dans l’observance que du côté du cœur… et c’est ce que le Christ a mis en question (dans la ligne des prophètes avant lui qui déjà avait senti cette logique légaliste régulièrement s’installer). 
Paul se considérait comme un zélé de la foi, un militant de cette identité radicale (d’autant qu’on était dans un monde où les païens étaient dominants).
D’où le fait que ce croyant devient un persécuteur des chrétiens.- On voit qu’il est plus que spectateur de la lapidation d’un certain Etienne. Il approuve cette mise à mort.- Cet Etienne est un grec (on disait un « helléniste ») qui sympathisait avec la foi juive et qui était passé à la foi chrétienne. - En mourant, il tient un discours où il relativise la Loi et le Temple = c’était la tendance de ces grecs qui aimaient le monothéisme juif mais qui ont apprécié que le Christ relativise un certain nombre de prescriptions très identitaires (alimentaires – sacrifices pour retrouver la pureté…) ; il franchissait régulièrement lui-même ce qui semblait des murs de séparations… quand il s’agissait d’aller à la rencontre de l’autre, de le servir, de lui faire du bien (comme les guérir).En plus, pour la foi chrétienne,  ce qui est central, ce n’est pas d’abord des règles : c’est Quelqu’un, c’est la personne du Christ : sa façon d’aimer Dieu, sa façon d’aimer chacun, c’est cela « qui fait loi ». Pour Lui, ce qui nous sauve, le salut, ce qui nous mène à la vraie vie, au Royaume de Dieu, ce n’est pas d’accumuler des observances mais de découvrir que nous sommes aimés de Dieu à la manière dont le Christ aimait chacun gratuitement, quel qu’il soit et où qu’il en soit… Et en réponse : faire de même et aimer gratuitement.
Le Christ ,n’était pas contre la loi, ni les prescriptions : elles sont les chemins qui nous sont proposés pour aimer vraiment et Dieu et le prochain… mais avec discernement
Car il y a aussi des pièges qui touche à certaines manières d’interpréter la Loi, de l’observer, quand on n’a pas une juste hiérarchisation des observances, quand on perd de vue ce qui est central, ce qui est visé finalement ? Et que l’observance devient un but en soi, une façons de se valoriser soi-même, une façon de servir son image de soi et non un service de Dieu pour Dieu et de son prochain. 
En fait que se passe-t-il sur le chemin de Damas où Paul part avec le mandat de faire mettre en prison des chrétiens, de les ramener à Jérusalem…  sans doute pour qu’on les lapident ensuite (en fait, il va chercjer à Damas des « hellénistes » devenus chrétiens, ces gens qu’il considère comme une menace car ils s’affirment juifs à la manière du Christ mais du coup relativisent comme Jésus une série de prescriptions que Paul trouvent des absolus !)
L’évènement du chemin de Damas S. Luc le raconte par trois fois dans les Actes et de façon un peu spectaculaire - à la mesure du « renversement » qu’a vécu Paul. Mais quand Paul en parle lui-même, il le fait plus sobrement : il dit qu’il a été « atteint par le Christ », saisi par lui (Phil. 3,12) – Pour parler de cette expérience intérieure il dit : « Dieu a révélé en moi son Fils » (Gal 1. 16) Et il entend le Christ l’interroger : « Saul, Saul, pourquoi ME persécutes-tu ? » - « Qui es-tu, Seigneur ? » - « Je suis Jésus celui que tu persécutes ! » « Pourquoi me persécutes-tu ? »..Que se passe-t-il ? Qu’est-ce que l’Esprit éclaire en lui ?Sans doute plusieurs choses et entre autre : - Que le Christ mis à mort et condamné par les grands prêtres, crucifié comme un blasphémateur  est vraiment le Messie soutenu par Dieu… ce qui change tout. C’est donc qu’il y a une autre façon d’accomplir la Loi – non intransigeante.
- Que par contre, son observance intransigeante et à la lettre de la Loi a fait de Paul, en fait, un homme de violence et de mort. « Pourquoi Me persécutes-tu ? ». En poursuivant les disciples du Christ, c’est comme s’il recrucifiait Jésus. Il exécute la Loi… et cela fait de lui quelqu’un de mortifère… Comment c’est possible ?
- Si Dieu lui révèle que son Fils est le Messie ressuscité… alors - comme Jésus l’a fait pour tous sur la croix – au nom de Dieu son Père, Jésus lui pardonne à lui aussi « parce qu’il ne sait pas ce qu’il fait » - et plus encore, lui Paul le violent, le persécuteur, lui qui répand la mort, voilà qu’il est appelé à devenir témoin du Christ. Il lui est demandé de faire confiance au fait que Dieu lui fait confiance… malgré sa non-perfection.Cette révélation, cet appel, cette confiance… Dieu la lui fait « gratuitement ». Alors qu’il est pécheur, alors qu’il ne « mérite » pas qu’on lui fasse confiance, Dieu croit et espère en lui ! « Lève-toi, entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire». Et là il trouve Ananias à qui Dieu vient de dire : « cet homme est un instrument que j'ai choisi pour faire connaître mon nom ».
Qu’est-ce que cette révélation soudaine du Christ et de son Evangile vient faire basculer en Paul ?Il découvre un visage de Dieu qui lui était caché… et que le Christ désire tant nous révéler… Pour le dire simple : le Dieu que le Christ est venu nous révéler - par son Evangile, par sa façon d’être et par ses paroles - c’est un Dieu dont il ne faut pas mériter l’amour : il ne faut pas payer pour mériter d’être aimé de lui - ni en multipliant les sacrifices et les dévotions, ni en observant parfaitement les 613 commandements de la Loi, ni en cherchant à être parfait en vertu… (ce qui est d’ailleurs impossible, ce dont Paul était conscient : il avait pressenti que la foi vue d’abord comme une sorte d’obligation d’accomplir des normes, un moralisme fait de « je dois » - « tu ne peux pas » - il faut » - comme une façon de courir vers ce que Jacques Arène appelle « la tyrannie de la perfection », St Paul constate que cela quelque chose de désespérant car c’est tout bonnement inatteignable - sauf si on se fait illusion sur soi-même. Ce qu’il a découvert dans sa « conversion », c’est la primauté de ce qu’il appelle « la grâce ». Le Dieu que nous révèle Christ est celui qui nous aime gratuitement « depuis toute éternité » - « sans mérite de notre part ». Il est toute « miséricorde » ; il nous a « adopté » gratuitement sans conditions, sans qu’on doive d’abord lui faire ses preuves. Il parle de « grâce » pour insister sur cet amour qui est « gratuité », « qui fait grâce »… qui s’offre et se donne « gracieusement » - qui se donne par-delà nos manques et nos non-réciprocités.Le judaïsme a toujours eu cette intuition que le fait que Dieu ait choisi Abraham, Isaac, Jacob, Moïse  et tout son peuple (« le plus petit d’entre les peuples ») c’est gratuitement : Cf ce beau texte en Ezechiel,16 v 3 et svts : Ainsi parle le Seigneur Dieu à Jérusalem : Par tes origines et ta naissance, tu es du pays de Canaan. Ton père était un Amorite, et ta mère, une Hittite. À ta naissance, le jour où tu es née, on ne t’a pas plongée dans l’eau pour te nettoyer, on ne t’a pas frottée de sel, ni enveloppée de langes. Aucun regard de pitié pour toi, personne pour te donner le moindre de ces soins, par compassion. On t’a jetée en plein champ, avec dégoût, le jour de ta naissance. Moi, je suis passé près de toi, et je t’ai vue te débattre dans ton sang. Alors je t’ai dit : “Je veux que tu vives !” “Oui, je veux que tu vives” (répété deux fois dans certains manuscrits !) (…) Je suis passé près de toi, et je t’ai vue : tu avais atteint l’âge des amours. J’étendis sur toi le pan de mon manteau et je couvris ta nudité. Je me suis engagé envers toi par serment, je suis entré en alliance avec toi – oracle du Seigneur Dieu – et tu as été à moi. 
Mais il y a une inversion qui peut se produire au plan spirituel et moral… : on oublie cette gratuité … qui nous laisse tout humbles, tout petits, devant l’immense bonté de Dieu … Et un peu par orgueil, on se dit… au fond l’amour il faut le mériter et j’en suis capable… Ne faut-il pas me prouver à moi-même (et à Dieu, et aux autres) que je suis à la hauteur ? Ou on se dit : Dieu peut-il vraiment nous aimer gratuitement… Est-ce que je puis me présenter les mains vides devant lui, ne faut-il pas lui prouver que nous sommes aimables… C’est alors qu’on fait des sacrifices, qu’on observe les commandements, c’est alors qu’on aime pour être aimés, pour se montrer aimables, valables… Au risque de se servir des autres pour être reconnu par Dieu, ou par soi-même…Ce que découvre S. Paul se résume dans cette formule que Luther a bien comprise : « c’est la foi qui sauve et non les œuvres ». C’est la foi c-à-d, c’est la foi comme confiance en l’amour de Dieu qui m’aime comme je suis, c’est cela qui sauve, qui conduit à une vie heureuse ; et ce n’est pas la multiplication de nos œuvres pour prouver notre perfection, et mériter d’être reconnus comme aimables. C’est vrai que nous sommes appelés aussi à aimer Dieu et les autres activement (« pas de foi sans les œuvres », en ce sens là) mais dans la logique du Christ, dans la logique « de son Royaume » (souvent oubliée) : cet amour nous le vivons, nous le donnons non pas pour être aimés de lui, non pas pour mériter son amour mais nous essayons d’aimer en réponse à cet amour premier qui nous précède toujours ! Nous redonnons cet amour qui nous a été donné et sans lequel nous ne serions pas grand-chose : l’amour se reçoit toujours et il se reçoit pour être alors donner et partager. C’est une erreur sur le Dieu révélé par le Christ que de croire que par nos sacrifices, nos observances et nos vertus, nous méritons son amour et son pardon. C’est une autre erreur sur Dieu que de croire qu’il pourrait nous punir, nous envoyer des épreuves parce que nous ne sommes pas à la hauteur, ou manquant d’obéissance ou de vertus en soi (le manque de vertu peut nous conduire à des impasses, à des chemins de morts… la violence engendre la mort… mais cette mort-là, ce n’est pas Dieu qui nous l’envoie) C’est une autre erreur sur Dieu que de croire qu’il aimerait les uns et non les autres suivant leurs appartenances : leur nationalité, leur race, leur rang social, leur religion, leur sexualité, leurs opinions…
Ce risque du pharisaïsme qui sépare, qui fait le tri entre les parfaits et ceux qui ne le sont pas – et que vivait S. Paul, il le dit lui-même… - il est enraciné en fait en chacun de nous « quelque part » : dans notre relation à Dieu, c’est non sans peine que nous croyons à son amour inconditionnel ; nous avons peine à croire que nous sommes aimés de lui, même quand nous arrivons les mains vides… (parfois cela nous vexe un peu : nous sommes tellement conscients que Dieu (et aussi les autres) ont de la chance de nous avoir ! Cette humilité et ce consentement à la gratuité de son amour sont un vrai combat spirituel).Mais c’est vrai aussi dans nos relations aux autres : si nous cherchons si souvent inconsciemment la perfection - être l’amie parfaite ; le collègue ou le cadre parfait ; la mère, le mari, la religieuse, le moine parfaits… ; le collaborateur modèle, le couple parfait, des parents parfaits… - c’est par générosité sans doute mais c’est aussi – reconnaissons-le - pour être subtilement reconnus, pour mériter leur amour, pour mériter leur estime, pour être payé de retour. C’est ce qui se cache bien dans cette phrase dite parfois par des gens qui sont déçus parce qu’on n’a pas pris en compte leurs mérites et leur générosité… : « Quand je pense à tout ce que j’ai fait pour toi ? »... Et puis, dans la vie relationnelle et affective, dans notre rapport à nous-mêmes , il y a aussi en nous cette peur, cette inquiétude secrète : suis-je aimable, suis-je valable ? Nous ne sommes pas si sûrs que cela qu’on peut être aimé gratuitement… sans qu’on doive constamment le mériter… malgré nos manques, nos erreurs, nos imperfections. Et le pire c’est que « le monde », la société nous fait régulièrement comprendre que c’est peut-être vrai effectivement : si tu veux être reconnu, alors fait tes preuves ! Malheur aux nuls ! On nous fait régulièrement comprendre que c’est par notre rentabilité, nos performances, nos bons résultats, nos sacrifices pour l’entreprise… que c’est tout cela qui nous rend estimables, nous mérite de la « considération »… et parfois des augmentations !.... Or le Christ vient nous délivrer de ces peurs, de ces angoisses devant nos imperfections . Le Christ ne nous demande qu’une chose : faire confiance à sa confiance ! Ce qui nous est demandé en Christ, c’est : la foi ! C’est d’oser « faire confiance et croire en cet amour immense… inconditionnel d’un Dieu qui … croit en nous… et qui aussi espère en nous quelles que soient nos faiblesses et nos manques – et nous en avons tous… C’est ce qui nous guérit de notre « déconsidération de nous-mêmes » : Dieu ne nous réduit jamais à nos ratés, à nos faiblesses  ni même notre péché. C’est cela qui nous délivre et nous guérit aussi de notre fausse supériorité sur les autres… Ce besoin de se sentir supérieur... pour se sentir quelqu’un !C’est cette confiance en cet amour inconditionnel qui apaise notre cœur. Qui nous délivre de ce besoin de vivre sur la pointe des pieds pour nous sentir à la hauteur… En fait, la perfection… c’est d’oser croire que nous sommes toujours aimés malgré nos imperfections… et qu’on peut toujours repartir appelés, et désirés par Dieu
Ce que le Christ nous propose c’est cette expérience de basculement qu’a fait S. Paul sur le chemin de Damas : il a en effet cette révélation que le Dieu annoncé par le Christ est un Dieu de miséricorde. Et que c’est ce qui est premier pour Lui, cette miséricorde bienveillante, c’est cela qui fait Loi chez Lui quand il nous regarde.  Oser croire qu’il vient vers nous sur nos chemins même quand nous sommes dans la violence envers Dieu, envers les autres ou envers nous-mêmes. Paul n’en est jamais revenu de cela : « Moi qui étais blasphémateur, persécuteur et violent, il m’a été fait miséricorde, parce que j’ai agi par ignorance, n’ayant pas la foi » (1Tm 1, 13).
Pour Paul, ce Dieu de grâce est donc un Dieu « qui fait grâce », un « Dieu, qui est riche en miséricorde (eleos), à cause du grand amour dont Il nous a aimés… Eph 2, 1-7.- Et nous lisons dans Ti 3, 4-7 : « Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour des hommes (sa philanthropie), il nous a sauvés non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde ». Ici on voit bien que le salut par la grâce, c’est équivalent pour Paul au salut par la miséricorde de Dieu. Un Dieu « plus grand que notre cœur » 
C’est trop clair que S. Paul ne nie pas l’importance de répondre à cette grâce et cette miséricorde. Pour lui, les œuvres de justice, cet ajustement à Dieu, et aussi le fait que le vivre-ensemble a des lois, qu’il y a des observances légitimes, qu’il y a une éthique chrétienne (ses lettres montrent combien il y veille dans ses communautés). Mais elles interviennent comme des exigences intérieures qui sont des réponses à cet amour gratuit de Dieu pour chacun. Paul est donc devenu celui qui croit en ce Dieu que nous a révélé le Christ avec qui il fait deux découvertes majeures : - la découverte d’un Dieu autre : miséricorde sans condition…- la découverte d’une autre façon d’être homme (femme) : on est aimé indépendamment de ses qualités, de ses performances, de ses appartenances La découverte d’une autre façon de comprendre ce qu’est notre identité :Il retrouve une nouvelle identité. Non une identité fermée où notre semblable et mon prochain c’est celui qui est de ma race, de ma tribu, de ma religion, qui divise le monde en ceux qui sont fidèles et que Dieu aime – ceux qui éventuellement sont moins fidèles… et puis les « pas fidèles »…. Ces identités sont vite « meurtrières » (Amin Maalouf). Paul a pris le chemin d’une identité ouverte : fondée sur ce Dieu qui accueille chacun sans condition : sans regarder les prestations, les réussites, les loyautés, les appartenances de toutes sortes (juifs, païens/homme, femme/ esclaves, hommes libres) – un amour universel donné gratuitement à tous Un regard et une approche des autres fondés sur « la grâce » et sa logique – où chacun est fils et fille de Dieu : où chacun m’est donc confiée comme un frère, comme une sœur à aimer. Où je suis invité à faire cadeau à l’autre de cet accueil ouvert à tous que le Christ a pour moi et pour tous,
Pour Paul ce fut une « nouvelle naissance » - jamais terminée… Et c’est ça pour lui vivre en baptisé : - être « plongé » dans cet amour de Dieu qui ne nous abandonnera jamais - mourir à ce qui ne relève pas de la gratuité, à la peur de ne pas être digne, à la tentation des exclusions, des mépris – jamais terminés non plus !- renaître sans cesse à la confiance, à la paix de celui qui se sait aimé et pardonné, à l’amour qui veut prolonger, partager, annoncer, témoigner de ce qui nous a été donné gratuitement.
On m’a demandé de tirer quelques conséquences de cette conversion de Paul sur la manière de discerner ce que le Christ attend des choix à faire dans ma vie …. En fait je vous propose d’y répondre vous-mêmes en groupe !!!Ce renversement que Paul a fait, en quoi ça m’aide : - à comprendre qui est ce Dieu que nous a révélé le Christ : quel Dieu nous annonce-t-il ? – en quoi l’expérience de Paul est aussi une « révélation » pour moi ? suscite-t-elle des résistances en moi ?
- à comprendre comment vivre une relation à soi-même plus apaisée et plus confiante - plus responsable aussi
- à comprendre ce qui motive mes actions ? les motivations parfois ambiguës de mes  engagements, de mes générosités ? les peurs qui m’habite et ce qui peut m’en délivrer ?
- à comprendre et à vivre un rapport aux autres plus ouvert ? plus gratuit ? et qu’est-ce qui peut m’aider à cet accueil , cette bienveillance plus universelle. Qu’est-ce qui peut m’y aider ?

+ Jean-Luc Hudsyn

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